C’est
à l’emplacement même de l’étable,
dominée par le fenil et la réserve
à paille qu’a été
aménagé de 1985 à 1990
le gîte, comportant salle de séjour
et cuisine, mezzanine et chambres, après
une rénovation complète de l’ossature
du bâtiment dans son ensemble : charpente,
toiture, cheminées et consolidation globale
à l’aide de dalles planchers préfabriquées
en dur.
Les murs de périmètre ainsi que
le mur principal de refend ont été
laissés en l’état, à
l’exception d’une partie du mur
ouest, qui présentait des faiblesses,
afin de conserver à l’immeuble
les avantages de l’isolation thermique
et phonique de qualité apportés
principalement par le « pisé »
.
Le « pisé » fut, au cours
des siècles passés, le matériau
de construction fabriqué sur place par
les artisans qualifiés, sachant doser
avec la précision voulue que leur conférait
leur expèrience du métier, le
mélange de terre argileuse et d’eau
que l’on tassait à l’aide
de « dames » ou « pisoirs
» entre des banches solidement fixées
au préalable à l’emplacement
définitif du mur à construire.
Dans ce « pisé » ainsi obtenu
pouvait entrer une infime proportion de paille
ou de chaux, selon les lieux d’utilisation.
On créait ainsi, les uns après
les autres, en les consolidant entre eux par
des entretoises de bois, de gros éléments
de murs d’un volume unitaire avoisinant
un mètre cube qu’on laissait sécher.
Répondant
à l’absence de technique du moment
(transport motorisé inconnu) et par mesure
d’économie (ciment inconnu ou peu
répandu dans les campagnes), les générations
qui nous ont précédés ont
utilisé un matériau (terre argileuse)
existant en assez grande abondance dans une
partie de l’avant pays savoyard et du
nord du département de l’Isère,
donnant ainsi une architecture toute particulière
aux constructions de couleur ocre, très
chaude d’aspect.
Nos architectes modernes n’ont-ils pas
repris cette technique du « pisé
» dans la ville de Villefontaine tout
près de l’Isle d’Abeau dans
la région de Lyon pour la plus grande
satisfaction des occupants ?
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